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Appareils insolites disparus #4 : Le Betamax

 

Le premier enregistreur de Betamax a été lancé par Sony en 1975, seulement un an avant l’arrivée du format VHS de JVC. Qu’est-ce que le Betamax ? Pourquoi a-t-il perdu la guerre face au VHS ? Voici la petite histoire sans prétention d’un format aujourd’hui tombé aux oubliettes…

 

Qu’est-ce que le Betamax ?

 

Le Betamax est une cassette à ruban de 12,7mm, dérivée du format Beta de 19,1mm, pouvant contenir du son et de la vidéo. Il exploitait la technologie d’enregistrement azimut afin de réduire la diaphonie. Ce format offrait la possibilité de mettre du son mono ou stéréo, et proposait une définition correspondant à 330 x 480 pixels en NTSC et 330×576 en PAL (250 lignes par hauteur d’image). La qualité d’image était donc meilleure que sur son concurrent VHS, mais le Batamax avait une plus faible capacité d’enregistrement (1 heure). Ce problème a été contourné par la suite (vitesses B-II et B-III autorisant respectivement 2 et 3h d’enregistrement), mais au détriment de la qualité d’image qui faisait l’avantage du format. Le nom Betamax a un double sens : Beta est le terme japonais utilisé pour décrire la façon dont les signaux sont enregistrés sur une bande. Le terme grecque, tel qu’il est écrit en lettre minuscule, fait quant à lui penser à la course de la bande pendant sa lecture. Pour le terme Max, il s’agissait seulement d’ajouter un peu de grandeur et de prestige au terme Beta ! Les magnétoscopes Betamax étaient appelés Betacord : ils étaient fabriqués par des marques comme Pionneer ou Toshiba, bien que le Sony SL-8200 fut le premier enregistreur Betamax au monde. Pour les applications Pro et Broadcast, Sony a proposé le Betacam, un format dérivé du Betamax. En 1983, une version audio Haute-Fidélité est présentée sous le nom Beta Hi-Fi ! Deux formats amliorés du Betamax verront aussi le jour : le SuperBetamax, et le ED Betamax. Il existait aussi des caméscopes exploitant le format Betamax chez Sony, baptisés Betamovie (1983).

 

 

Pourquoi le format VHS s’est il imposé ?

 

L’une des raisons principales nous viendrait des USA. Betamax plus performants mais capacité d’enregistrement inférieure : impossible d’enregistrer un super bowl en entier alors que c’était possible avec une VHS. Certains avancent que l’industrie des films pour adultes aurait aussi joué un rôle dans le succès de la VHS face au Betamax, mais cet argument ne tient pas vraiment dans la mesure où les producteurs sortaient leurs titres sur VHS et sur Betamax (au début du moins…). Le format créé par Sony a également pâti de sa politique de distribution de licences. Alors que les licences VHS étaient distribuées à tout va, Sony distribuait ses licences Betamax au compte goutte… Pas facile pour inonder le marché ! Sony aurait également dû faire face à certains procès quand en 1984, une affaire oppose le géant japonais à Disney et Universal. Ces derniers voyaient d’un mauvais œil l’arrivée de magnétoscopes dont la capacité d’enregistrement pouvait nuire au droit d’auteur. Universal et Disney ont perdu, mais le mal a été fait… Pour finir, les constructeurs de matériels audio/vidéo ont aussi préféré le format VHS. En résultait une meilleure distribution, et des coûts d’exploitation moins élevés. Au moment d’arriver en Europe, le format VHS disposait ainsi d’une offre plus large, et coûtait également moins cher que le Betamax. Difficile de contrebalancer cela avec le seul argument de la qualité d’image…

 

 

Bien que le format n’ai pas réussi à s’imposer, la production des cassettes Betamax n’a cessée que le 9 Novembre 2015, soit 40 ans après son introduction. Pourquoi aussi tard ? C’était là une volonté de Sony, celle de soutenir ses clients, comme la firme japonaise le fait si souvent (et on l’en remercie).

 

 
Sources : Sony, Slate, Wikipedia.
 

NDLR : Le Betamax a également joué un rôle important dans le domaine de l’enregistrement musical, quand Sony a lancé son système d’enregistrement PCM. Il s’agissait d’un boîtier d’encodage et d’un adaptateur PCM à connecter sur un enregistreur Betamax. L’adaptateur PCM-F1 était vendu en association avec l’enregistreur Betamax SL-2000 en tant que système d’enregistrement numérique portable. De nombreux ingénieurs ont utilisé ce système dans les années 80/90 pour créer leur premier master numérique !

 

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